Battre le Real Madrid 3-0, ou par quatre buts d'écart, est la mission un peu folle de l'OM ce soir (20h45). Il lui faudra concilier la plus grande rigueur et les élans les plus inouïs. Voici quelles seront les clefs du match : C'est l'évidence : si
Marseille bat le
Real Madrid et s'il y parvient au point d'annuler le 0-3 de l'aller, le club phocéen aura écrit l'un des épisodes les plus fous de son histoire européenne. L'avantage, c'est que le profil de l'équipe espagnole se prête certainement davantage à un scénario débridé qu'un
AC Milan, un
Chelsea ou un
Bayern Munich. C'est évidemment un raccourci à manipuler avec précaution, mais si Alcorcon l'a fait en Copa del Rey (4-0), l'OM, qui s'est rassuré à Milan sur sa compétitivité à ce niveau (1-1), n'a aucune raison de s'autocensurer par avance. Mais si le Real a des failles parfois béantes, l'équipe de Deschamps devra réaliser un match quasi parfait pour les exploiter.
SERRER DEFENSIVEMENT
Pendant quasiment une heure, l'OM avait fait ce qu'il fallait à l'aller, à Madrid. Score final : 3-0, comme un avertissement sur le degré de concentration et constance que les Olympiens devront exiger d'eux-mêmes contre une équipe de solistes capables d'enchaîner deux buts à chaque instant. Cette défense, comme à l'aller, devra d'abord être conçue de façon collective, lignes resserrées, pour n'offrir aucune solution de passe facile et maintenir les Madrilènes éloignés du but de Mandanda. Elle devra aussi être individuelle. Le duo Heinze - Diawara est encore loin, par sa complémentarité et les prestations personnelles des deux recrues, de ce que Deschamps attendait. Cela s'est vu même contre Nice (3-1). Rien ne sera possible si un cap n'est pas franchi dès ce soir.
LA POSSESSION DU BALLON
Sérieux et pénible à jouer à Bernabeu, Marseille n'avait pas eu souvent le loisir de déplacer l'équipe madrilène et de lui imposer les efforts qu'elle répugne à faire. Le staff de l'OM a analysé les prestations récentes du Real et en est ressorti avec l'impression que ses joueurs «n'aiment pas courir». Souvent coupée en deux (cinq devant, cinq derrière), l'équipe espagnole est vulnérable si elle est privée de cette pelota qu'aiment tant ses brillants tripoteurs. Si l'OM concilie bonne possession de balle et patience dans la construction, comme à Nice, des espaces finiront par s'ouvrir devant Casillas.
SURVIVRE AUX TEMPS FAIBLES
Didier Deschamps expliquait lundi qu'un univers séparait Marseille du Real. Mais les deux équipes ont un authentique point commun : une sale manie à connaître de vrais trous d'air durant chaque match. Reconstruites à l'intersaison, elles n'ont pas encore la cohésion suffisante pour se maîtriser totalement pendant 90 minutes. Ce n'est pas grave à condition de ne pas sombrer dans ces périodes-là (ce qu'avait fait Marseille à l'aller), et à condition aussi de frapper sur ses temps forts (ce que l'OM n'avait pas fait à Bernabeu). Madrid peut être irrésistible mais il est tout sauf un rouleau compresseur. «Par moments, cette équipe n'a pas envie de jouer», souffle-t-on à la Commanderie.
OCCUPER LA LARGEUR
Autre point commun entre le Real et l'OM : beaucoup de titulaires sont des joueurs d'axe. Au milieu et en attaque, aucun joueur de couloir digne de ce nom n'a de chances de débuter, sauf éventuellement le Madrilène Marcelo. Marseille cherchera à étirer sur la largeur une équipe espagnole qui aime attaquer dans l'entonnoir et ne brille jamais par son occupation scientifique des espaces à la perte du ballon. Aux Olympiens d'être plus intelligents dans l'analyse instantanée de ces situations de jeu. Bonnart et Taiwo auront des munitions pour créer le surnombre si la première relance n'est pas systématiquement horizontale.
Allez l'OM !